HozéMOUV' article décembre 2008 » Ecole libre d\'Horion-Hozémont

 HozéMOUV' article décembre 2008

29/11/2008

FANFARONS !

 

Nous voici déjà arrivés à la période de l’année scolaire où les barbus sont à l’honneur.Cette année, la saison festive a même démarré un peu plus tôt que d’habitude. Alors, avant d’aborder le thème proprement dit de cet article, j’en profite donc pour remercier du fond du cœur tous ceux qui m’ont accueilli en fanfare, faisant trembler les murs, par leurs chants, leurs bisous et leurs câlins (si, si !)  le jour de mon anniversaire. Voilà bien un souvenir fort agréable à conserver, pour se réchauffer quand les doutes et les difficultés, comme en hiver, tentent de nous refroidir les mains et de nous embrumer le cerveau ! Merci à tous pour ce moment 100% rock’n’roll !  (euh… on peut dire ça dans un journal d’école?)

 

PREMIER TRIMESTRE... 

 

La rentrée semble déjà bien lointaine, un petit flash-back s’impose.

Avant les vacances de Toussaint, les enfants de première année ont découvert l’organisation et les objectifs globaux des cours d’Education Physique.  C’est avec une grande facilité qu’ils ont intégré les notions de base. A vrai dire, j’ai même été  surpris de voir à quelle vitesse tout s’est mis en place. Leur enthousiasme et leur volonté de bien faire  augurent du meilleur pour la suite !

 

Pendant ce temps, à partir de la troisième année, le circuit « renforcements musculaires » était à l’ordre du jour. Avez-vous remarqué les guillemets?  Ils signifient  que le but n’était pas de se transformer en boule de muscles décérébrée, mais bien d’aborder une des notions primordiales du Programme Intégré : « s’initier à la culture du mouvement, en construisant des habitudes d’activités physiques et sportives régulières (…) et étant activement responsable de son intégrité physique et de son bien-être ».  Cela passait donc par l’expérimentation de l’effort et la découverte des principes de l’activité physique (progressivité, nécessité d’un entraînement régulier, décontraction / étirement).  C’est pour la troisième année consécutive que ce travail est mis en place, mais il me semble opportun d’expliquer à nouveau certaines choses.

 

Certains échos alarmés me sont venus aux oreilles quant à la « fiche de travail », dont chaque élève était responsable.  Elle était à considérer comme n’importe quel travail écrit effectué à l’école, tout simplement.  Afin d’en éviter la perte, il suffisait, comme expliqué, de la placer dans le sac de sport, dans le journal de classe, dans le banc, ou dans une farde ouverte régulièrement. Selon moi, à partir de la troisième année, chaque élève est capable de prendre un minimum de soin d’un document.  D’ailleurs, il me suffit de voir l’état plus que correct de l’écrasante majorité des fiches, au terme de ce cycle d’activités, pour m’en convaincre si besoin était.

 

Riche de l’expérience acquise, chaque élève est, depuis, capable de s’échauffer avant le début de l’activité, choisissant lui-même dans le panel d’exercices du circuit, ce qui lui semble le plus utile.  En outre, chacun maîtrise également les quelques étirements musculaires nécessaires  à la décontraction en fin de séance. Ainsi, c’est l’autonomie et la responsabilité de soi qui sont acquises chaque jour davantage.   Depuis le début du cycle « gym artistique sportive », nous gagnons donc un temps d’activité considérable, et cela n’est guère négligeable, puisqu’il n’est plus nécessaire de tout expliquer.

 

Le maître mot, en ce moment, est donc, par la pratique de la « gym artistique sportive », la recherche d’une esthétique du mouvement dans le respect de l’intégrité physique et morale de chacun. La consigne la plus répétée est donc : « essaie de faire quelque chose qui soit beau à regarder, et sois têtu pour y arriver ».  Il faut donc appliquer certaines consignes « techniques », en se concentrant sur de multiples petits détails, une fois la forme globale du mouvement acquise. Ça n’a l’air de rien, mais penser à ses pointes de pied lorsqu’on a la tête en bas n’est pas si facile. Essayez, vous verrez !

 

Quoiqu’il en soit, nous constatons de nombreux progrès à chaque séance chez tous ceux qui font l’effort d’essayer encore et encore.

 

BLACK FLAG !

Alors que les enfants de première année découvrent, pour la plupart, que la piscine peut être source de plaisir, les plus grands, à partir de la deuxième année, découvrent petit à petit les différents modes de déplacements, les différentes nages, leurs points communs et leurs spécificités, une fois capables de « Gérer leur sécurité en milieu aquatique ». Cependant, tout ne va pas pour le mieux dans « Le Meilleur des Mondes ».

 

Je ressors le bon vieux drapeau noir…  et j'écris en rouge que ce qui suit n’est que l’avis d’un isolé et n’engage en rien les acteurs de l’école : enseignants et Direction, Pouvoir organisateur, Association de Parents.  Le sens de l’humour du gouvernement et de ses émissaires me laisse pantois. A la page 8 de l’introduction du Programme Intégré (je vous invite à vérifier), je lis « Promouvoir la confiance en soi et le développement DE LA PERSONNE DE CHACUN des élèves ». Page 6  du chapitre « Projet éducatif et pédagogique » : « Différencier les apprentissages ».

 

Nous, une semaine sur deux, nous sommes plus de trente dans l’eau, dans des conditions matérielles infernales (six classes en même temps à la piscine, primaires et secondaires, espace quasi inexistant, bruit assourdissant), avec un groupe constitué de nageurs confirmés (voire compétiteurs) et d’autres qui tentent au prix d’un effort harassant de dompter leurs craintes à force de courage.   Et nous sommes si nombreux, enseignants confrontés au même problème, tant à la piscine qu’en classe ou en salle… A notre place, je me demande ce que ferait n’importe quel décideur pour lequel tant de gens sont fiers d’aller voter. (Ouille, il s’énerve ou quoi, le gars?).  Je suis tout à fait conscient qu'à l'Ecole Libre de Hozémont, " on n'a pas à se plaindre ", mais encore une fois, demandons-nous grâce à qui les enfants bénéficient d'un cadre aussi exceptionnel !  A quelques kilomètres de nous, d'autres enfants sont loin d'avoir notre chance, et ça me chagrine.

 

Pour ma part, si je ne pouvais, une fois encore et comme toujours, compter sur l’appui inestimable de l’Association de Parents, pour m’aider dans cette tâche hautement Don Quichottesque, quel bagage pourrais-je fournir aux enfants en prévision de leur parcours futur?  Ma question est la suivante : " Est-il normal qu'une fois de plus, il soit nécessaire de recourir à une force extérieure pour résoudre un problème, alors qu'il semble être du devoir de l'Etat de prendre en compte le devenir des futurs citoyens, votants, consommateurs? "

 

J’entends depuis toujours la remarque : « Ben oui, mais le budget... ».  A raison.  Continuons à envoyer des Ministres se pavaner et faire la fête à l’autre bout du monde en accompagnant le « haut niveau » national, la blague de l’année aussi, tiens, vu l’encadrement et les structures, pour une moisson de " pas de médailles ".   Après tout, quelle importance peuvent bien avoir des enfants, face à la nécessité de montrer bonne figure à l’étranger?  Que représentent-ils face au besoin vital d’investir tant d’argent pour s’assurer que des actionnaires pleins aux as continuent à s’engraisser sur notre dos, ou face à l’envie d’avoir de belles armes bien hi-tech?  (non, « Tech-nologiques », pas « tech-tonik »)  On paie même des gens pour réaliser des études statistiques sur la médiocrité des résultats de notre enseignement, plutôt que de consacrer cet argent à l'amélioration des conditions d'enseignement !

 

C’est à se demander si l’école, en tant qu’institution, a encore les moyens d’éduquer ce qui risque fort de devenir une Génération du Néant.  Pour mémoire, jamais le monde associatif n’a été aussi florissant qu’à l’heure actuelle, avec ses armées de bénévoles, d'idéalistes, de gens tout simplement motivés par l'envie de mettre en place un " mieux vivre ", comme c'est le cas dans cette école.  J’y vois le symptôme d’un malaise généralisé, la preuve que le Système gauche-droite gauche-droite est en état de faillite, et que ses émissaires n'ont manifestement aucune envie d'ancrer leurs décisions au coeur d'un débat basé sur la réalité de la vie qu'on nous fait mener.  Ou s'ils l'ont, en aucun cas les moyens d'agir ne leur sont octroyés dans la proportion nécessaire.

 

Tiens, pour conclure, je vous livre deux citations que j'aime relire, afin de les garder en mémoire :

" La Belgique est un pays où tout est surréaliste, à part la peinture et la sculpture."  (Claude Semal) 

" Il est encore trop tôt pour se rendre compte qu'il est déjà trop tard..." (René Binamé)

 

 En attendant le réveil collectif, continuons à réaliser jour après jour notre utopie et relisons Orwell de temps en temps...

Allez, au boulot...

Category : 08-09 Print

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